24 août 2017

Zéro Déchet : les difficultés que j'éprouve au quotidien

Suite à plusieurs discussions avec des amis sur le mode de vie minimaliste et zéro déchet nous (mes amis et moi-même) avons remarqué que les articles et vidéos sur les deux sujets présentaient souvent des astuces pour débuter ou aller plus loin dans ces modes de vie. On vise tous la perfection, pour l'environnement, mais aussi pour soi. C'est une question de fierté mais c'est aussi une pression que l'on se met soi-même et qui peut devenir infernale car culpabilisante, surtout lorsqu'elle renforcée par des modèles de perfection. Qui ne rêve pas d'avoir un seul bocal de déchet par an au lieu d'une poubelle par semaine ? Cependant il faut s'accepter tel que l'on est, cela passe par s'accepter au naturel, avec nos défauts, et donc accepter qu'on n'est pas parfait.
Donc aujourd'hui au lieu de vous présenter de nouvelles astuces ou autres miracles zéro déchet minimaliste et autre, j'ai décidé de vous exposer les difficultés que je rencontre en essayant justement de mener une vie avec moins de déchets. C'est une petite liste non exhaustive et assez spontanée !



 En tant que blogueuse culinaire et adorant cuisiner la première difficulté s'est trouvée en cuisine.
Bien que la propension des rayons vrac en supermarchés, magasins bio et de magasins spécialisés aident à éviter les emballages pour les céréales, légumineuses, fruits secs, farines, sucres...etc. ce n'est pas toujours évident de trouver tous les aliments que l'on recherche sous cette forme. Par exemple je ne trouve pas de farine de sarrasin ou de riz en vrac dans mon magasin bio et je n'ai pas toujours l'occasion d'aller en centre-ville pour faire le plein chez Day by Day. 

Autre point d'interrogation que pose le vrac est l'éthique, je souhaite consommer bio mais aussi français. Parfois le vrac vient de l'autre bout de la planète ! Pourquoi acheter des lentilles vertes d'Europe de l'Est alors qu'on en produit de délicieuses en France ? Dans ces cas je préfères choisir un emballage recyclable et consommer français plutôt que d'acheter zéro déchet des produits qui viennent de loin. De plus, bien qu'achetant en vrac il m'arrive d'oublier ou de ne pas avoir assez de sacs en vrac en tissus et d'avoir recours à des sacs papiers...

Parlant bio, les marchés et magasins bio ont toujours les fruits et légumes en vrac, ce qui n'est pas le cas des supermarchés qui vont à emballer le moindre fruit à l'unité ou par lot avec plusieurs emballages (polystyrène et plastique) pour différencier le bio de l'agriculture conventionnelle. Bien que le sujet du bio de supermarché soit actuellement controversé je trouve cette solution très pratique et parfois économique. Mes bananes bio viennent souvent de supermarché et sont donc emballées d'un plastique, mes citrons sont dans un filet.... Bref souvent les produits que je ne trouve pas sur le marché !

Dans la même lignée, je consomme du tofu et autres produits simili-carnés ainsi que des crèmes végétales par exemple qui sont également emballés. Il n'existe aucune alternative en vrac pour ce genre de produits. Certains diront que l'on peut s'en passer mais j'aime et j'ai plaisir à les cuisiner et les manger, je n'arrêterai donc pas d'en acheter, tant pis pour l'emballage plastique (que je recycle).

Enfin, côté cuisine, la flemme est parfois notre ennemi. Ça arrive à tout le monde de ne pas avoir envie de cuisiner, de prendre un sachet micro-ondable (même bio), un plat préparé, une pizza à emporter, une boîte de conserve de haricots...etc. Bref la flemme nous fait aller au plus simple, aux produits déjà pré-préparé ou déjà préparé et donc emballés. Ça m'arrive souvent avec des bocaux de pois-chiche, des boîtes de haricots rouges et de la sauce tomate. Mais c'est tellement pratique, non ?


Le papier presque toujours recyclable, cependant on peut facilement en réduire sa consommation : stop pub, refus de tract, réduction des emballages...etc. Ce que j'ai fait mais j'ai encore quelques difficultés avec.

Tout d'abord le papier est l'une de mes matières de travail et du quotidien que je préfère. Mes idées de recettes ou d'articles sont rédigées sur un carnet et non sur l'ordinateur, de même que les petites 'to do lists'. Je n'arrive pas à m'habituer aux listes et livres numériques, j'aime le contact avec le papier. Oui, je suis 'old school' à ce niveau !

Comme tout le monde je ne peux pas contrôler tout ce qui arrive dans ma boîte aux lettres, les lettres sont dans des enveloppes en papier et bien qu'on peut aisément dématérialiser les factures pour les recevoir par mail, certains papiers sont incontrôlables. De plus, j'adore écrire des lettres, c'est encore 'old school' mais ça a un charme unique que le mail, les SMS et les messages rapides d'application n'ont pas. 

Autres papiers envahissants : les tickets de caisse. Il suffit de les garder un mois dans son porte-monnaie pour voir l'effrayante quantité de tickets que l'on peut avoir, et pourtant je ne suis pas une grande acheteuse ! J'ai pris le réflexe de refuser les tickets de caisse et attestations de retrait de banque, mais j'ai encore tous les tickets de carte bleue. Il faut encore que je prenne le pli et que je penser à les refuser avant que ceux-ci soient imprimés par la machine.


Cela rejoint un peu de ce que je vous écrivais précédemment. Les achats alimentaires aussi bien que matériels sont générateurs de déchets : emballages plastiques, emballages cartons ou autres étiquettes. J'essaie un maximum d'acheter sans mais lorsqu'il s'agit de commandes en ligne les boîtes en carton sont inévitables. Dans ce cas j'essaie de les réutiliser pour des envois de cadeaux par exemple, il existe aussi de nombreux DIY.
Cependant certains achats ou cadeaux arrivent avec du polystyrène, du papier bulle ou d'autres matériaux de protection non recyclables... qui nous restent sur les bras ou finissent à la poubelle. La solution est d'acheter le moins en ligne mais ce n'est pas chose facile pour tout ce qui n'est pas disponible où l'on habite.


Vous savez sûrement à quel point j'aime voyager, c'est l'une des mes grandes passions et inspirations. Or le voyage pose toutes sortes de questions concernant l'éthique et l'écologie, j'ai beaucoup réfléchi à ces thématiques et aux impacts du voyage sur l'environnement. J'ai d'ailleurs remarqué que ce n'était pas forcément aisé de maintenir un mode de vie quasi zéro déchet en vadrouille.
J'embarque toujours mes ustensiles zéro déchet comme ma gourde, mes couverts en bois, ma serviette en tissus et ma paille en inox. Mais on n'est pas à l'abri d'oubli ou de mauvaises surprises. Par exemple si je ne précise pas une boisson sans paille je risque de me retrouver avec paille en plastique dans le verre et j'ai horreur de ça, ou lorsque j'achète une pâtisserie (vegan) et qu'on me donne une serviette papier avec, ou encore quand je commande un sorbet et que je suis obligée de prendre dans une coupelle car le cône n'est pas vegan... Et ça c'est pour les déchets liés à l'alimentation, c'est sans parler des tickets de bus, de métro, les guides touristiques ou autres. Il faut littéralement penser à tout tout le temps en voyage, et comme personne n'est parfait j'arrive à limiter les déchets mais pas à les éliminer.

En dehors de chez soi c'est aussi chez les autres. Lorsqu'on va chez de la famille ou des amis on n'ose souvent pas imposer nos habitudes de vie par politesse. On se retrouve alors à utiliser des serviettes papier, recevoir des cadeaux emballés, des biscuits emballés et consommer d'autres produits achetés pour l'occasion qui le sont également. Que faire dans ces cas-là ? C'est une question qui m'a beaucoup tourmenté car je me sentais à la fois coupable de contribuer à cette génération de déchets et au fait de ne rien faire. La meilleure chose que je peux faire est glisser quelques mots sur le zéro déchet dans une conversation pour sensibiliser sans imposer quoi que ce soit. Autrement j'ai à plaisir de partager des plats avec mes amis et ma famille, alors j'amène le dessert, le plat principal ou l'apéro en le transportant de manière zéro déchet. Cela peut amener naturellement à la conversation qui plus est tout en partageant un agréable moment.


  • J'ai du mal à trouver du vrac bio et français, donc il m'arrive d'acheter des aliments emballés.
  • Certains produits que j'achète n'existe pas sans emballage (tofu, tempeh, yaourts...etc.)
  • La flemme et le côté pratique me fait consommer des boîtes de haricots ou de tomates par exemple.
  • Je n'arrive pas à me passer de papier au quotidien, que ce soit les livres, les carnets ou les feuilles
  • Je ne contrôle pas tout ce qui arrive dans ma boîte aux lettres et j'adore écrire et recevoir des lettres
  • Je n'ai pas encore le réflexe de refuser tous les tickets de caisse/carte bleue
  • Les colis, cadeaux et achats en ligne que je reçois (partenariats compris) génèrent parfois des déchets non recyclables que je ne peux pas toujours réutiliser
  • Voyager nécessite une constante organisation pour éviter les déchets et emballages, chose que je n'arrive pas toujours à gérer
  • Comme tous je ne peux pas contrôler la gestion des déchets lorsque je suis chez quelqu'un d'autre mais j'essaie d'amener la conversation sur le sujet et de sensibiliser

Avoir conscience des déchets que l'on produit et faire des efforts au quotidien pour les réduire, que ce soit par l'utilisation de produits maison côté salle de bains ou en cuisinant à partir de produits brut tout en achetant le plus en vrac possible et local, est déjà un énorme pas en avant. Le tout est de faire de son mieux et trouver l'équilibre qui convient à son propre mode de vie car ces modèles de vie minimaliste et zéro déchet n'ont pas le même train de vie. Il ne faut pas que ces exemples véhiculent de la culpabilité envers vous-mêmes, de la haine et un dégoût de tout effort. Il faut que vous viviez pour vous et non pour les autres, voyez les efforts que vous faites au quotidien et regardez le chemin que vous parcourez ! Personne n'est parfait et c'est justement ça qui est admirable et qui nous permet d'avancer. J'ai encore du chemin à faire pour générer moins de déchets mais je vois déjà ce chemin parcouru derrière moi et, je peux le dire, c'est une petite victoire, une petite fierté. Soyez fiers de vous.


Et vous, quelles difficultés rencontrez-vous au quotidien face au zéro déchet ?




Noisettes :

  1. Je n'ai pas de mode de vie minimaliste mais j'apprends à ne plus "stocker" et j'apprends à faire attention à ma consommation vis-à-vis de la planète. Comme toi, je trouve que c'est compliqué pour tout ce qui est tofu, Yaourt (même si j'en fais moi-même autant que possible dans mes propres bocaux) etc...je ne consomme pas de simili et de plats préparés donc là ça va....Ma plus grande "faiblesse" vient des commandes en lignes avec leur tonne d'emballage pour un tout petit objet. Je n'aime pas aller en magasin mais depuis quelques temps, je me force un peu pour éviter les cartons justement...

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    1. Je suis totalement d'accord, les commandes en ligne font pas mal de déchets, majoritairement recyclables mais pas les protections intérieures en plastique. Je me demande comment nous pourrions changer cela !

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  2. Je trouve ça super de faire des efforts pour tendre vers le zéro-déchats, mais c'est dommage de se culpabiliser quand on y arrive pas. la vie c'est aussi ça, c'est pas parfait!
    Et surtout, il ne faut pas oublier que ce sont les industries qui sont polluantes, et pas tant que ça les particuliers! Alors, faire sa part du colibri, c'est chouette, je le fais aussi, bien sur, mais sans culpabilité aucune quand je ne suis pas exemplaire ;)
    (d'autant qu'en étant végane, on limite clairement la pollution en ne consommant pas de produits animaux!)

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    1. Les industries sont la source de la pollution, c'est certain ! Mais nous votons en tant que consommateur. Moins on achète de produits emballés moins il y en aura.
      C'est aussi pour ça que j'ai rédigé cet article, pour déculpabiliser les personnes qui se comparent aux modèles du zéro déchet. :)

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  3. pour ma part, je recycle tout ce que je peux, et je privilégie les emballages carton/conserve/bocaux.
    quand j'achète des légumes, je les mets tous dans le même sac (qui est supposé être biodégradable maintenant, mais bcp de magasins connaissent des ratés) après les avoir pesés individuellement.
    les caissier/es me disent que c'est ingénieux...
    je fais attention à pas le nouer ni le percer, et je m'en ressers comme sac à litière.

    en fait moi ce que je regrette le plus de jeter, c'est ce qui pourrait être rendu à la nature: les épluchures de fruits et légumes.
    ça me donne envie d'avoir un lapin (mais j'ai déjà 5 chats...) ou un bac à compost (mais j'ai juste un balcon...)
    de temps en temps, je mets mes épluchures bio ou mon thé infusé dans une de mes jardinières...
    mais pas toujours.

    comme Rose Citron, je fais tout ce que je peux même si c'est comme le colibri, mais je regarde avec fierté ce que je fais au lieu de m'attrister sur ce que je ne peux pas faire.

    j'en parle également bcp autour de moi, plusieurs personnes prennent conscience que ce n'est pas si difficile en fait...

    j'en arrive à la même conclusion que toi: Soyez fiers de vous.<3

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    1. Réutiliser et optimiser les emballages est clef ! Je réutilise les papiers en vrac des magasins bio et quelques sacs en maïs aussi quand j'en ai.

      Le lombricompost d'appartement ne te tente pas ?
      Ça m'embête aussi pour les épluchures, on met tout dans les sacs de déchets verts qui partent pour faire du méga compost.

      <3

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    2. Le lombricompost d'appartement?
      euh non...
      je suis pas phobique des vers de terre, mais je n'ai pas très envie de me lancer dans une "élevage" surtout si je ne nourris pas mon compost régulièrement, je ne veux pas qu'ils meurent.... et puis mon balcon est assez petit, le conteneur serait donc petit, pauvres bêtes, je sais ils se rendraient pas compte, mais ils auraient pas bcp de place...
      et je fais quoi de tout ce compost après?
      j'ai bien des plantes, mais pas trop non plus...

      bref... il me faudrait des voisins immédiats avec un composteur ou un lapin... :)

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  4. Bravo pour tous ces efforts Camille. Si tout le monde faisait ne serait-ce que la moitié de ce que tu fais, nous vivrions dans un monde presque parfait ;-) Mais je crois qu'à part revenir au Moyen Age, il semble impossible aujourd'hui de vivre complètement dans le zéro déchet. Cela voudrait dire aussi renoncer aux ordinateurs et à Internet, sources de bien plus grandes pollutions que le papier dans la boîte aux lettres...

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    1. Merci Julia,

      Oui, il y a aussi tellement de déchets dont on n'a pas conscience comme les déchets numériques ! C'est fou !

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  5. Je pense que c'est déjà top d'être conscient de tout ça et de faire ces efforts...si chacun s'y met un peu, le monde ira déjà un tout petit peu mieux! Mais c'est vrai que parfois j'en ai aussi plein la tête moi, pour bien faire cela demande du temps, de l'investissement mental et parfois (comme avec l'alimentation d'ailleurs!) on est un peu perdu avec la masse de choses possibles de notre monde...qui est tout simplement "trop" en fait, je trouve! Soyons un peu "moins" et ce sera sans doute déjà beaucoup! Je ne sais si c'est très clair mon roman!! Bonne journée miss!

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    1. Entièrement d'accord, si chacun faisait quelques gestes ce serait tellement mieux pour la planète et la consommation générale.
      Il ne faut pas se mettre la pression et y aller à son rythme, tu fais déjà pas mal maison, déjà nous cuisinons :)

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  6. je me suis mise aussi aux déchets moindres, j'achète en vrac ce que je consomme le moins: lentilles,quinoa, et autres produits secs. ce qui m'a décidée c'est de voir ma poubelle de tri plastique et carton qui se remplit rapidement et mon mari qui est obligé d'aller faire le tri souvent. Pour le consommer local, j'essaie de m'y atteler le plus possible ce qui n'est pas simple. J'accepte le plus possible francais et bio Depuis longtemps, j'ai mis un autocollant sur ma boite aux lettres pour ne plus avoir la pub. Nous faisons du compost depuis longtemps j'ai de gros soucis de santé depuis 14 ans j'essaie de me soigner plus naturellement possible. Je ne suis pas une addict du bio et de l'écologie mais je veux que mes futurs petits enfants est une planète meilleure.

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    1. Pour le bio local il y a peut-être un marché près de chez vous ?
      Le naturel n'a que du bon, vous êtes sur la bonne voie :)

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